Au milieu des années 1950, Renzo Rivolta était un homme de contradictions. Son entreprise, Iso, était célèbre pour avoir produit la Isetta, une petite et adorable microvoiture qui ressemblait plus à une bulle motorisée qu’à une machine performante. Pourtant, Rivolta était un homme qui vivait pour la vitesse, affirmant qu’il n’aimait vraiment conduire que lorsqu’il dépassait 200 km/h.
Pour combler le fossé entre les humbles microvoitures de son entreprise et ses propres ambitions de vitesse élevée, Rivolta a créé quelque chose d’extraordinaire : l’Iso Rivolta IR 300. Ce n’était pas une microvoiture ; c’était une Grand Tourer sophistiquée qui mariait l’art italien aux muscles américains.
Un pedigree d’excellence
L’IR 300 n’était pas simplement le projet d’un amateur ; c’était une collaboration de certains des plus grands esprits de l’histoire de l’automobile. Pour donner vie à sa vision, Rivolta a fait appel à deux titans de l’industrie :
- Giotto Bizzarrini : L’ingénieur derrière la légendaire Ferrari 250 GTO et le Lamborghini V-12 original.
- Giorgetto Giugiaro : L’un des designers les plus influents de l’histoire, dont le portefeuille s’étend sur plus de six décennies de formes emblématiques.
Le résultat était un véhicule qui possédait la grâce esthétique d’un exotique européen mais le cœur fiable et battant d’une légende américaine.
La logique de l’hybride transatlantique
Au cours des années 1960, une tendance spécifique a émergé parmi les petits fabricants européens : habiller le moteur V-8 américain avec des coutures italiennes raffinées. Il s’agissait d’une décision commerciale très pragmatique.
Même si les moteurs italiens de marques comme Alfa Romeo ou Ferrari étaient des chefs-d’œuvre d’ingénierie, ils pouvaient être capricieux et coûteux à entretenir. À l’inverse, les moteurs américains, produits par Chevrolet par exemple, étaient réputés fiables, puissants et faciles à entretenir. En utilisant un V8 Chevrolet de 327 pouces cubes, Iso a offert à ses clients le « meilleur des deux mondes » : le prestige et la maniabilité d’une GT italienne avec la fiabilité sans effort et la disponibilité des pièces d’un croiseur national.
Sophistication technique et style
Le « 300 » dans la désignation IR 300 fait référence aux 300 chevaux délivrés par le Chevrolet V-8 via une transmission manuelle à quatre vitesses. Malgré son moteur américain,
- Freins à disque aux quatre roues pour
- Suspension avant entièrement indépendante
- Essieu arrière De Dion pour une maniabilité améliorée
Un exemple notable de ce modèle est récemment apparu sur Bring a Trailer, arborant un extérieur **turquoise saisissant associé à un intérieur en cuir rouge.























